Projection de rue sur écran GÉANT – 24 août 2018, Marseille – Dans le cadre de la Journée mondiale pour la fin du spécisme

Projection de rue sur écran GÉANT
– 24 août 2018, Marseille – Escale Borély
Dans le cadre de la Journée mondiale pour la fin du spécisme / World day for the End of Speciesism – Wodes

Malgré un vent déchaîné, malgré une police particulièrement sur les dents qui nous a chassé.e.s du lieu que nous avions choisi au départ pour être empli de promeneurs.ses, le 24 août 2018, la nuit tombée, l’ALARM a de nouveau mis en action une projection de rue sur écran géant afin de sensibiliser un maximum de personnes sur le sort réservé aux animaux non humains, qui sont considérés comme des marchandises, objets, matériels, moyens, aliments, produits, vulgaires consommables dont on peut user et abuser et non pas comme des êtres capables d’éprouver notamment souffrance, douleur, intérêt à vivre et émotions aussi diverses que complexes… Comme nous humain.e.s.

Les animaux non humains ne possèdent aucun droit à la vie ni à la liberté et sont notamment : élevés et tués pour la consommation de leur chair, le port de leur peau et leur fourrure ; martyrisés et torturés dans les laboratoires pour des expériences cruelles et inutiles ; traqués au nom du « sport » (chasse, pêche, etc.), exploités et maltraités pour les « loisirs » (cirques, zoos…) et au nom de traditions archaïques et barbares (corrida, foie gras, etc.).

10 vidéos au total alternées en différents montages (celles que l’ALARM a projeté à plusieurs reprises sur ordinateurs portables depuis l’année 2012 et en deux projections sur écran géant en 2016 et 2017 en plein cœur de la cité phocéenne), dénonçaient 10 grandes « catégories » d’exploitation animale : viande, pêche, foie gras, œufs et lait, transport, fourrure/cuir/laine, cirque/zoo/divertissement/ loisir/sport, corrida et vivisection. Ces 10 vidéos composaient ainsi un cycle ininterrompu de 22 minutes de projection non stop, qui ont tourné en boucle durant près de deux heures.

Un son puissant nous accompagnait (bien que chahuté par le vent et les musiques de terrasse) avec une playlist spécialement conçue pour l’occasion.

Un public moins dense que celui que nous visions, des fuites et des détournements de regards habituels à ce genre d’action… Mais malgré tout, de nombreuses personnes qui se sont arrêtées et qui sont restées longtemps devant les images qui défilaient. Pour certaines durant un cycle de projection complet, avec ce regard que nous reconnaissons parfaitement, grave, profond, bouleversé… Qui renvoie des interrogations accablées… Ce quelque chose de profondément intime et pourtant universel : la prise de conscience. Les expressions des visages nous ont renvoyé de nouveau tout cela et quelques fois l’ont hurlé, l’ont pleuré.

Des échanges, des discussions, des questions, et toujours ces mains qui repartent agrippées à notre tract (plusieurs centaines distribuées), afin de pouvoir absolument se retourner avec des mots à poser sur les ressentis, sur les chocs émotionnels, sur ce spécisme qui sévit à la vitesse de 35 000 vies anéanties à chaque seconde dans le monde ; afin de pouvoir avoir un support sur le comment, le pourquoi et surtout sur le « pour aller plus loin ».

Beaucoup de minot.e.s ce soir du 24 août. Et comme d’habitude ce sont elleux qui nous émeuvent le plus, de par leur réactions franches, tranchées, sans aucune ambigüité. Elleux qui poussent les parents à se positionner au niveau de leur enfance, à s’accroupir et à leur parler, à expliquer, à répondre, à leur DIRE ce qu’ielles ne peuvent plus nier.

Le « dire », cet outil si puissant et absolument nécessaire à la construction de l’âme et au développement des convictions.

Et nous le répétons encore et encore, électrochoquer les gens par la réalité des images est une chose… Car parfois les mots ne suffisent pas ou plus… Encore faut-il que ces gens là puissent continuer à réfléchir, à cheminer… Longuement…

BRAVO à toustes les militant.e.s qui ont fait somme toute de cette projection de rue un bel accomplissement, malgré toutes les mauvaises conditions réunies (lieu, vent, bruit), et qui ont su tenir le cap de l’improvisation, sans baisser les bras une seule seconde.

De nouveau un bravo tout particulier au militant (on ne cessera jamais de le lui dire) qui était en charge de la projection et qui a la capacité de faire appel à un certain état second qui lui est tout personnel et puissant, et qui lui a de nouveau permis de tenir bon durant tout le temps du déroulement d’images plus insoutenables les unes que les autres.

Nos remerciements les plus sincères, les plus amicaux, les plus militants, aux deux membres de Hayvan Hakları İzleme Komitesi – HAKİM – Fatma et Burak – qui nous ont fait l’immense honneur de participer à cette projection de rue sur écran géant… Nous vous aimons !