Chasseurs, « premiers écologistes de France » ? Sérieusement ?…

La Fédération française de chasse (FFC) a lancé en septembre 2018 une campagne de publicité annonçant que les chasseurs étaient « les premiers écologistes de France », suscitant une vive polémique.

Polémique aussi présente en amont ; la veille du lancement de la campagne, le ministre de l’écologie démissionnait en dénonçant entre autres la trop grosse influence du lobby de la chasse sur les décisions gouvernementales.

La RATP (Régie Autonome des Transports Parisiens) a aussi contraint la FFC à ajouter un point d’interrogation à la phrase d’accroche, la source de cette dernière ayant été jugée peu fiable : 60% des auditeurs de l’émission « les grandes gueules » à qui on a posé la question ce jour-là a répondu oui, contre 40% non.

Avec ce genre de méthode, on pourrait être en mesure d’affirmer à peu près tout et n’importe quoi.

Notons aussi que l’organisme ayant mené l’étude des impacts environnementaux de la chasse pour cette campagne est le BIPE. Ce dernier n’est pas un comité scientifique mais un cabinet de conseils en stratégies pour les grandes entreprises, ayant notamment comme clients Total, Vinci, Air France et Areva. Le BDO, 5ème réseau mondial d’audit, vient d’acheter 51% de son capital, avec les dernières traces d’indépendance que le BIPE pouvait encore avoir.

On voit ici que l’objectivité et la véracité des faits n’est pas une considération primordiale pour le lobby de la chasse.

Mais après déjà trois accidents mortels depuis le début de la saison, propager des contre-vérités est tout ce qu’il lui reste pour essayer de redorer son blason.

Rappelons que parmi les 67 espèces d’oiseaux chassables, 20 sont sur la liste rouge de l’Union internationale de conservation de la nature.

Mais ne nous laissons pas détourner de la problématique principale par cette argumentation fallacieuse : Quand bien même les chasseurs iraient de temps en temps ramasser les canettes de bières qu’ont laissé traîner leurs camarades lors de la partie de chasse de dimanche dernier, il reste profondément immoral de traquer, torturer, faire agoniser et mettre à mort des individus sentients, c’est-à-dire des individus capables de ressentir des émotions et de la souffrance (et la science nous affirme que tous les vertébrés le sont).

Le plaisir d’un chasseur à tuer un animal ne devrait pas être mis sur un pied d’égalité avec l’intérêt à vivre d’un animal.

Ne laissons plus cette activité barbare et archaïque se pratiquer.

Tou.te.s ensemble, réclamons l’abolition de la chasse !

 


Quelques sources utiles :