La justice accorde à Rodrigo Garcia de balancer des êtres sensibles dans l’eau…

V2 la justice accorde à Rodrigo Garcia de balancer des êtres sensibles dans l'eau

La justice accorde à Rodrigo Garcia de balancer des êtres sensibles dans l’eau…

C’est ainsi que l’ALARM entend l’ordonnance rendue le 26 mars 2015 par le juge des référés, concernant la requête déposée près du tribunal administratif de Toulon (le 24 mars) pour demander l’interdiction de l’utilisation d’animaux dans le cadre du spectacle  Et balancez mes cendres sur Mickey  qui se jouera les 27 et 28 mars au Théâtre Liberté (théâtre municipal de Toulon).

Des actes de cruauté envers des animaux érigés en spectacle admis par la justice, c’est également ainsi que l’ALARM entend un verdict qui prend l’apparat d’une sombre pièce de théâtre.

Détresse et souffrance animale acceptées, admises, reçues par la justice comme composants d’une mise en scène ou simples effets de théâtre, c’est encore ainsi que l’ALARM entend le jugement rendu…

Les parties adverses (Commune de Toulon et association « Théâtre Liberté ») – lors de l’audience déroulée le 25 mars – ont bien tenté de faire valoir une vomitive « atteinte disproportionnée à la liberté fondamentale d’expression » de la part de notre association, mais ce n’est pas cette diatribe bourgeoise et réactionnaire (dans le contexte précis de cette affaire) qui a valu un rejet de notre requête en référé dit « liberté »… Non…

L’on pourrait dire que ce rejet a été motivé, JUSTIfié, par un motif bien plus grave, bien plus sérieux, bien plus dramatique.

Car la justice a jugé dans cette affaire que la souffrance animale n’était PAS prouvée !!!

Et pourtant…

Et pourtant ce n’est pas faute à l’ALARM de ne pas avoir avancé les articles de loi qui qualifient les faits dénoncés :

« Aux termes de l’article L. 214-3 du code rural et de la pêche maritime : « Il est interdit d’exercer des mauvais traitements envers les animaux domestiques ainsi qu’envers les animaux sauvages apprivoisés ou tenus en captivité »

Aux termes de l’article R. 214-85 du code rural et de la pêche maritime : « La participation d’animaux à des jeux et attractions pouvant donner lieu à mauvais traitements, dans les foires, fêtes foraines et autres lieux ouverts au public, est interdite sous réserve des dispositions du troisième alinéa de l’article 521-1 du code pénal »

Aux termes de l’article 521-1 du code pénal : « Le fait, publiquement ou non, d’exercer des sévices graves, ou de nature sexuelle, ou de commettre un acte de cruauté envers un animal domestique, ou apprivoisé, ou tenu en captivité, est puni de deux ans d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende »

Aux termes de l’article R. 654-1 du code pénal : « (…) le fait, sans nécessité, publiquement ou non, d’exercer volontairement des mauvais traitements envers un animal domestique ou apprivoisé ou tenu en captivité est puni de l’amende prévue pour les contraventions de la 4e classe » »

Et pourtant, ce n’est pas faute à l’ALARM de ne pas avoir présenté en réponse à « l’argumentaire » de l’association « Théâtre Liberté » selon lequel « les hamsters, comme tous les rongeurs savent nager » (*), une réponse – elle – parfaitement argumentée.

Un Note Mémoire rédigé par l’ALARM (extraits détaillés en fin de communiqué) précise la nature des sévices subis par les animaux ; ce Note Mémoire est supporté par des documents scientifiques que nous avons pu produire et qui articulent notre exposé autour de la similarité de l’expérience de « test de nage forcée » pratiquée sur des rongeurs (dont les hamsters), technique type pour créer du stress chez ces animaux, test de comportement populaire pour le développement et le screening d’antidépresseurs et de drogues anxiolytiques afin d’identifier de nouveaux traitements et comprendre les mécanismes biologiques des traitements existants.

En triste résumé, l’on pourrait grossièrement synthétiser le rendu de cette ordonnance en trois petites phrases (mais lourdes de sens et de conclusion) :

Il est reconnu – malgré le sordide faire valoir soulevé plus haut – que l’ALARM n’est pas l’ennemie de la liberté fondamentale d’expression (nous ne demandions effectivement pas l’annulation du spectacle dans son entièreté, mais nous demandions bien l’interdiction de l’utilisation des animaux dans le cadre du spectacle) => jugement du magistrat.

Il est jugé que rien ne prouve qu’il y a souffrance animale et que la dignité de l’animal non humain soit remise en cause => jugement du magistrat.

L’ALARM est condamnée à verser à l’association « Théâtre Liberté » une somme de 500€.

Mais au final…

Ce soir 27 mars et demain soir 28 mars 2015, sur les planches du Théâtre Liberté, pour la pièce de Rodrigo Garcia  Et balancez mes cendres sur Mickey, ce sont des êtres vivants, sensibles, sentients, qui sont condamnés.

Ils sont condamnés par la justice au supplice de la nage forcée, à la détresse qu’ils subiront en se débattant de toute leur force pour tenter de sortir de leur carcan mis en lumière.

Ils sont condamnés par la justice à ce que l’on continue à nier leurs droits les plus fondamentaux, dont celui de ne pas souffrir pour un divertissement humain.

 

(*) Inutile de rappeler que la quasi-totalité des mammifères terrestres savent nager et que ce n’est pas pour autant que ces dits mammifères apprécient de nager.
Les chats, par exemple, savent nager. Pourtant, dans leur immense majorité, les chats évitent de nager.
Et si Rodrigo Garcia avait choisi d’utiliser comme objets de mise en scène des chats ou des chiens plutôt que des hamsters, le jugement aurait-il pris une autre tournure ?… Nous sommes en droit de nous poser la question du spécisme ordinaire.

1er communiqué concernant cette affaire et qui annonçait notre démarche entreprise près du tribunal administratif de Toulon => http://alarm-asso.fr/rodrigo-garcia-et-balancez-mes-cendres-sur-mickey-lalarm-depose-une-requete-en-refere-liberte-afin-dobtenir-linterdiction-de-lutilisation-des-animaux-dans-le-cadre/

Fin du communiqué

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Extraits détaillés du Note Mémoire rédigé par l’ALARM précisant la nature des sévices subis par les animaux :

« Sur la nature des sévices subis par les animaux

Sur ce sujet, beaucoup plus sérieux, l’argumentaire de l’association « Théâtre Liberté » selon lequel « les hamsters, comme tous les rongeurs savent nager » mérite, là, une réponse argumentée.

N’étant pas scientifiques, nous avons donc immédiatement contacté, après l’audience, plusieurs chercheurs œuvrant dans des structures telles le CNRS ou l’Institut Pasteur.

Le constant est accablant, tant l’utilisation d’un aquarium pour des rongeurs (rat / souris / hamster) constitue pour les scientifiques, la technique-type pour créer du stress chez ces animaux et ce, nonobstant, la circonstance qu’ils savent nager (comme au demeurant, la plupart des mammifères)

Cette technique est d’ailleurs constitutive d’un protocole très surveillé dans ses applications scientifiques (le code rural et de la pêche maritime encadrant très rigoureusement l’expérimentation animale), appelé Le Test de Nage Forcée (FST, pour Forced Swimming Test), aussi qualifié « Test de Porsolt » ou « test de désespoir comportemental »
Les documents suivants nous ont ainsi été transmis :

1. « Dans cette expérience, les rats sont déposés dans un petit cylindre rempli d’eau à mi-hauteur : plus un rat passe de temps à essayer d’en sortir au lieu de se décourager, et moins son comportement est jugé dépressif.

(Sources 1. A. Neamati, F. Chaman, M. Hosseini, et al., The effects of Valeriana officinalis L. hydro-alcoholic extract on depression like behavior in ovalbumin sensitized rats, J Pharm Bioallied Sci, 2014 2. S. Salter, S. Brownie, Treating primary insomnia – the efficacy of valerian and hops, Aust Fam Physician, 2010 3. CM. Morin, U. Koetter, C. Bastien, et al., Valerian-hops combination and diphenhydramine for treating insomnia: a randomized placebo-controlled clinical trial, Sleep, 2005)”

Présentation

Le Test de Nage Forcée (FST, pour Forced Swimming Test), aussi appelé Test de Porsolt ou test de désespoir comportemental, est un test de comportement populaire pour le développement et le screening d’antidépresseurs et de drogues anxiolytiques afin d’identifier de nouveaux traitements et comprendre les mécanismes biologiques des traitements existants.

Le Test de Nage Forcée FST DUAL SENSOR de Bioseb a été conçu à la fois pour les rats et les souris grâce au travail d’expertise du Dr. Denis DAVID (décrit dans une publication de NEURON en 2009, :Neurogenesis Dependent and Independent Effects of Fluoxetine in an Animal Model of Anxiety/Depression »).

Principe de fonctionnement :

Qu’est-ce que l’algorithme TYC du nouveau Test de Nage Forcée FST DUAL SENSOR ?
• Un nouvel outil pour donner au chercheur le contrôle total dans l’évaluation du comportement du rongeur.
• Le chercheur est l’expert !
• Le TYC apprend à détecter 3 états : Repos/Flottement, Nage et Escalade/Lutte

Le scorage peut être enseigné puis appliqué de manière cohérente sans variation ni décalage dans le temps ! L’algorithme TYC est un outil d’optimisation : avec une seule acquisition évaluée manuellement par le chercheur, le logiciel apprend à utiliser les paramètres de scorage, et l’algorithme TYC ajuste ses réglages pour suivre les règles d’évaluation du chercheur expert.
Le système permet de comparer facilement plusieurs approches, il sera très utile pour la formation d’étudiants, et fournit des résultats cohérents même sur plusieurs études.

Deux types de comportements peuvent être observés durant le test de Porsolt en utilisant le FST DUAL SENSOR :

1. Les rongeurs non-dépressifs (rats ou souris), même lorsqu’ils sont incapables de s’échapper de cylindres à moitié remplis d’eau, vont essayer de nager et de lutter pour s’échapper des béchers.
2. Les rongeurs dépressifs vont cesser d’essayer plus tôt que les rongeurs non-dépressifs, et commencer à flotter dans les cylindres, démontrant un désespoir comportemental.

Le temps de flottement ou d’immobilité durant le test de nage forcée est une indication précise des effets antidépresseurs et anxiolytiques.

Fonctionnalités

Bioseb propose un système puissant et une double-approche basé sur la détection des vibrations et l’analyse de l’activité motrice par acquisition vidéo pour automatiser le test de Nage Forcée de Porsolt. En utilisant des algorithmes de tracking vidéo avancés combinés à l’analyse des vibrations de chaque bécher, la solution logicielle permet au chercheur d’analyser et de différencier les comportements via un processus de calibration qui profite de l’apprentissage d’un expert du laboratoire.
Jusqu’à 4 animaux (rats ou souris) peuvent être testés simultanément, alors qu’une installation manuelle ne permettrait l’évaluation que d’un seul animal à la fois.

En utilisant le FST DUAL SENSOR, le chercheur pourra enregistrer la vidéo des expériences, calculer le temps d’immobilité, le temps de nage et le temps d’échappement pour chaque animal testé, et effectuer ces opérations par groupes de 4 animaux. Chaque acquisition pourra être rejouée et ré-analysée ultérieurement avec des réglages différents : ainsi, une calibration effectuée par un expert issu d’un autre laboratoire pourra également être utilisée. Les résultats peuvent être exportés vers n’importe quel autre logiciel pour des analyses plus poussées.

La gestion de l’expérience du Test de Nage Forcée de Porsolt est facilitée grâce à des listes d’animaux qui peuvent être saisies dans le logiciel ou importées des tableaux Excel. Différentes possibilités de randomisation sont offertes, et les listes randomisées peuvent être exportées, importées et imprimées. Les passages peuvent être mis en pause et redémarrés à tout moment.

Paramètres mesurés

La solution de Test de Nage Forcée FST DUAL SENSOR de Bioseb permet de reconnaître et d’analyser automatiquement trois paramètres ou états chez le rat et la souris :

• Nage
• Non-activité (immobilité, flottement passif)
• Escalade/échappement
• Plongeon (seulement pour le rat), qui peut être aisément évalué manuellement lors de l’analyse des données
Les résultats sont organisés par groupes ou par animaux individuels et peuvent être affichés pour chaque minute du test.

Domaines d’application

• Évaluation de l’action anti-dépressive
• Screening d’antidépresseurs
• Évaluation de psycho-stimulants
• Évaluation des traitements de l’anxiété

Exemples d’agents utilisés : Imiprimine, Fluoxetine, Desipramine, et Venlafaxine.

Options

• BIO-FST-BKR Bécher additionnel pour rat (30 cm diamètre x 50 cm hauteur)
• BIO-FST-BKM Bécher additionnel pour souris (17 cm diamètre x 20 cm hauteur)

Fourni avec

• Un support spécial séparant les quatre béchers, servant de support à la caméra et accueillant l’interface.
• Quatre béchers gradués pour rats pour souris (30 cm de diamètre pour rats ou 17 cm pour souris, béchers additionnels disponibles sur demande)
• Logiciel FST DUAL SENSOR avec licence
• Manuel d’utilisation

(extrait du site de Bioseb qui développe et distribue une gamme complète d’instruments et de systèmes pour la biologie expérimentale, destinés à la recherche pré-clinique – en se concentrant particulièrement sur les applications « in vivo » en neurosciences (évaluation comportementale, mesure de l’analgésie, études sur l’anxiété, activités locomotrices) et en physiologie animale (métabolisme, fonctions cardiaques, respiration, monitorage physiologique)
(http://www.bioseb.com/bioseb/francais/default/a_propos.php)

Ou encore :

« Centre de neurophénotypage de l’institut Universitaire en santé mentale (Agréé OMS)
Affilié à l’Université McGill et Centre collaborateur OMS/OPS de Montréal pour la recherche et la formation en santé mentale. (http://www.douglas.qc.ca/page/neurophenotypage-stress) :

Tests de stress
Porsolt Forced Swim Test

Au cours de ce test, un animal est placé dans un petit récipient, rempli d’eau à température ambiante, dont il ne peut s’échapper. Après s’être débattu dans l’eau, l’animal devient presqu’immobile, bougeant les pattes de temps à autre pour rester à flot ou retrouver son équilibre. Cette immobilité est interprétée comme étant le reflet d’un « désespoir comportemental », qui survient lorsque l’animal réalise qu’il ne pourra pas s’échapper. Dans le cadre de cette interprétation, l’immobilité est vue comme un comportement dépressif. Cependant, il est tout à fait possible que l’immobilité soit une réponse adaptative qui permette à l’animal de conserver son énergie. Il n’est donc pas sûr que le Porsolt Forced Swim Test soit un indicateur de dépression. La vraie valeur de ce test est qu’il permet de dépister l’activité antidépressive. La plupart des antidépresseurs disponibles réduisent en effet l’immobilité.

Ou encore : Institut Pasteur (http://www.pasteur.fr/fr) :

« Test de Porsolt (nage forcée, test de « dépression »)
Ce test est utilisé pour tester l’action d’antidépresseurs. Il consiste à mettre la souris dans une situation ou elle doit lutter pour survivre, mais sans possibilité pour elle de s’en sortir. On mesure alors la volonté que la souris a de s’en sortir. On utilise le dispositif suivant : un récipient est rempli d’eau tiède à 37°C de façon à ce que la souris n’ait pas pied (et ne puisse pas prendre appui avec sa queue) et qu’elle ne puisse pas en sortir. On utilise de l’eau à 37°C pour éviter l’hydrocution. On place ensuite délicatement l’animal dans l’eau, en faisant attention à ce que la tête ne soit pas immergée.

L’expérience débute alors à partir de ce moment et pendant 10 minutes. On mesure différentes choses : le temps de nage avant le premier arrêt, la latence de la première période d’immobilité, le nombre total d’arrêts avec le temps passé immobile et le temps total de nage.

Remarquons que si le psychotrope agit également sur le plan neuromusculaire, la réponse de la souris sera différente dans cette situation. S’il provoque une baisse du tonus musculaire par exemple, la souris ne pourra pas se battre autant qu’une souris témoin. »

Ou encore : Animal Research (http://www.animalresearch.info/fr/concevoir-la-recherche/animaux-de-recherche/les-autres-rongeurs/)

« Le test de Porsolt, ou test de la nage forcée, mesure la durée pendant laquelle un rongeur est capable de nager, sans moyens visibles de s’échapper ou sans récompense visible. Il est également appelé test du désespoir et une très faible motivation pour nager est un modèle fiable de nombreuses caractéristiques de la dépression humaine. »
« Dans ce domaine de recherche, les primates non humains ont été utilisés, et le sont toujours, mais leur nombre est infime comparé au nombre de rongeurs. Les rats et les souris sont les principaux animaux utilisés. Quelques études ont néanmoins recours à des cochons d’Inde, des gerbilles, des hamsters et des scandentiens. »

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Voilà donc les documents fournis par les chercheurs que nous avons contactés.

Pourra-t-on ainsi admettre que pour les impératifs d’un spectacle, une technique aussi traumatisante pour l’animal soit librement tolérée alors qu’elle est strictement encadrée quand il s’agit d’expérimentation animale ? (Article R214-106 du Code rural et de la pêche maritime : « Le choix des méthodes utilisées dans les procédures expérimentales doit permettre d’utiliser le moins d’animaux possible pour atteindre les objectifs du projet. Il est de plus guidé par le souci de sélectionner les procédures expérimentales qui : – causent le moins possible de douleur, de souffrance, d’angoisse ou de dommages durables ») »