« Stop aux chiens de guerre : Campagne pour en finir avec l’usage de chiens d’attaque en Palestine ! »

Article de la Palestinian Animal League, traduit en solidarité avec leur organisation et cette campagne.
Pétition a signer et à diffuser en fin d’article ici : http://pal.ps/en/2015/12/11/no-more-dogs-of-war/


 Stop aux chiens de guerre :

Campagne pour en finir avec l’usage de chiens d’attaque en Palestine

Il y a quelques jours, un article troublant était publié par « The Electronic Intifada » – un journal indépendant couvrant la lutte palestinienne – et révélait l’usage de chiens d’attaque par les forces armées israéliennes sur des civils palestiniens. Ces chiens, souvent exportés par les pays européens – et en particulier par les Pays-Bas – ont été exploités pendant plusieurs années comme armes vivantes, provoquant d’importantes blessures sur de nombreux civils. L’organisation pour les droits de l’humain en Palestine : « Al Haq », a entrepris un travail afin d’encourager le gouvernement des Pays-Bas à agir et à bannir l’exportation de chiens pour cet usage.

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L’article publié dans « Electronic Intifada » fait surtout état des blessures subies par les individus qui ont été victimes de l’usage des chiens de cette manière ; soulignant également les préoccupations partagées en totalité avec l’équipe de la PAL. Ceci étant dit, nous ressentions le besoin d’ajouter davantage d’informations au contexte et à l’histoire de ce problème en étendant le raisonnement derrière cet appel à bannir l’exportation de chiens destinés à cette utilisation, comme une base, à la fois pour la protection des humains et celle des animaux.

Il ne veut pas être utilisé comme arme, il veut juste être aimé.

Il ne veut pas être utilisé comme arme, il veut juste être aimé.

Il va peut-être sans dire que les chiens utilisés sur des zones de conflit sont délibérément mis en situation de grand danger par leurs gardiens et en tant qu’organisation de protection des animaux, c’est une chose que la PAL ne croit être justifiée en aucune circonstance. En effet, il est incroyable de penser que l’entrainement et l’usage de chiens de combat soient considérés comme une des formes les plus brutales de maltraitance dans de nombreux pays, mais qu’en même temps des entreprises puissent réaliser du profit en entrainant des chiens à attaquer des gens pour ensuite les vendre aux gouvernements dans cette optique bien spécifique.

Mais il ne s’agit pas seulement de risque individuel, en tant que chien ou en tant que personne qui seraient attaqués par ces chiens, qui est la cause de tant de préoccupations. L’équipe de la PAL est également profondément préoccupée par l’impact sur la société, sur les animaux et les personnes, quand des animaux aussi intelligents et sociables que des chiens sont exploités à des fins aussi violentes contre la société dans son ensemble.

L’impact sociétal de l’usage des chiens comme armes

Dès leur plus jeune âge, on apprend aux enfants palestiniens à avoir peur des chiens. Et ce pour de bonnes raisons : en Palestine, tout le monde connaît quelqu’un qui a subi l’attaque d’un chien ordonnée par des membres des forces armées. Le résultat de tout cela est que les chiens sont à la fois craints et détestés, ce qui en retour conduit à des niveaux de violence élevés contre les chiens ; parfois par le biais de l’euthanasie des chiens errants par la municipalité ou encore des individus qui prennent la situation en mains et qui blessent et tuent des chiens qui représenteraient une menace ou une nuisance.

Pendant la phase de recherche du programme humain de gestion des chiens de rue qu’a réalisé la PAL, notre équipe s’est rendue compte qu’une écrasante majorité des intervenants citaient les « chiens d’attaque entrainés » comme l’un des problèmes majeurs préoccupant la population au sujet des chiens errants. Les intervenants nous ont confié que la peur à l’égard de ces chiens était créée, en grande partie, pour obtenir un soutien public dans les méthodes de contrôle létales utilisées en Cisjordanie. Bien que ces craintes ne soient pas infondées étant donné l’usage qui est fait contre les palestiniens avec ces chiens, nous nous sommes rendus compte que le nombre de morsures réellement enregistrées étaient infimes (8 au cours des douze derniers mois dans la ville la plus peuplée de Palestine), contrairement au niveau de préoccupations complètement disproportionnées par rapport à celui potentiel d’attaques de chiens. Pour résumer, notre recherche supposait que même si la vaste majorité des chiens des rues en Palestine n’était pas agressive, une partie importante de la population a peur d’eux de toute façon.

Cela nous a conduit à penser que les préoccupations autour de l’emploi de chiens comme armes par les forces armées israéliennes ne touchent pas uniquement les chiens et les personnes victimes de ces attaques, mais influencent également les décisions prises envers les population de chiens des rues. Cela se traduit en pratique (et douloureusement) par la mort de centaines de chiens palestiniens chaque année, les autorités tentant d’atténuer le problème pour satisfaire la demande publique.

Quand des chiens sont présentés en tant qu'armes, ils sont source de peur pour la société, conduisant à de mauvais traitements.

Quand des chiens sont présentés en tant qu’armes, ils sont source de peur pour la société, conduisant à de mauvais traitements.

Au cours de l’année où la PAL a travaillé avec les autorités locales pour développer le premier programme : « attraper, stériliser, vacciner et relâcher » pour les chiens errants, en Palestine, nous avons été agréablement surpris de savoir que les intervenants étaient intéressés pour essayer des alternatives au contrôle létal et ainsi le premier programme de contrôle non létal devrait débuter dans les prochains mois. Cependant, alors que les palestiniens continuent d’être sous la menace délibérée des chiens d’attaque par les forces de l’occupation, réaliser un progrès sur le terrain pour éclairer les perceptions à l’égard des chiens et de leur traitement par les membres de la population est un réel défi.

Aidez nous à protéger les personnes et les animaux de cette pratique cruelle

Il est clair pour nous, que dans les intérêts de la protection des humains et des animaux, l’usage des chiens d’attaque contre les palestiniens doit stopper. Nous croyons que c’est le seul moyen avec lequel nous pourrons commencer à travailler avec la société civile pour défaire les dommages causés de façon délibérée de la longue campagne lancée par les forces de l’occupation pour installer la peur des chiens dans le cœur de la population palestinienne.

Suite à la communication entre Al Haq et le gouvernement des Pays-Bas, les fonctionnaires des Pays-Bas ont laissé entendre qu’ils envisageaient de mettre en place des restrictions sur l’exportation de chiens à Israël, mais aucune décision ferme n’a été conclue, ni aucune action mise en œuvre à l’heure actuelle. Nous espérons alors que vous allez nous rejoindre en signant et en partageant notre pétition afin de demander au ministre néerlandais en charge de la protection des animaux et au ministre néerlandais du commerce d’agir immédiatement pour mettre fin à l’exportation de chiens à Israël qui les utilise contre les civils palestiniens.